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L’Or des collines

Choisir ses fils en toute liberté

Après avoir consacré notre précédent article à la mise en couleur du tissu, nous abordons aujourd’hui une autre étape essentielle de L’Or des collines: le choix des fils.

Dans un ouvrage comme celui-ci, où peinture et broderie se construisent ensemble, il aurait été contradictoire de commencer par établir une liste précise de fils et de références à respecter. J’ai donc choisi de procéder tout autrement.

Pour constituer ma palette, j’ai simplement ouvert mes réserves de fils et recherché, parmi tout ce que je possédais déjà, les couleurs qui correspondaient à l’atmosphère que je souhaitais donner à ce paysage.

Je n’ai tenu compte ni de la marque, ni de la gamme, ni même nécessairement de la matière du fil. Certains sont unis, d’autres légèrement nuancés ou franchement dégradés. Certains sont des restes de travaux précédents. Mon seul véritable critère a été la couleur.

C’est volontairement ainsi que je vous les présente aujourd’hui sur les photos: non pas sous forme d’échevettes neuves ou d’une palette parfaitement ordonnée, mais tels qu’ils se trouvaient dans mon stock lorsque je les ai choisis.

Une palette à composer plutôt qu’à reproduire

Les fils que vous allez découvrir ne constituent donc surtout pas une liste de fournitures à reproduire à l’identique.

Ils sont là pour vous montrer une ambiance colorée et vous aider à rechercher, parmi vos propres fils, les nuances qui pourront jouer le même rôle.

Avant d’acheter de nouveaux fils, commencez donc par regarder ce que vous possédez déjà. Une nuance légèrement plus claire, plus sombre, plus chaude ou plus froide que la mienne conviendra peut-être parfaitement à votre propre ouvrage.

Dans ce projet plus encore que dans un autre, je vous invite à chercher l’harmonie plutôt que la référence.

Pour faciliter cette recherche, j’ai regroupé ma palette en plusieurs grandes familles de couleurs.

Les jaunes et les ocres

Les jaunes et les ocres occupent naturellement une place importante dans L’Or des collines. Ce sont eux qui installent la lumière et donnent au paysage une grande partie de sa chaleur.

Ma sélection va d’un jaune très clair et doux jusqu’à des nuances beaucoup plus dorées, avec plusieurs ocres intermédiaires.

Il n’est pas nécessaire de posséder chacune de ces nuances. L’important est plutôt de disposer de quelques valeurs suffisamment différentes pour pouvoir faire varier la lumière et éviter les surfaces trop uniformes.

Les oranges

La deuxième famille prolonge naturellement la précédente.

Les oranges permettent de réchauffer les ocres et d’introduire progressivement des tonalités plus soutenues. Là encore, j’ai choisi plusieurs nuances, certaines assez lumineuses, d’autres beaucoup plus douces et légèrement rosées.

Ces fils permettent de créer des transitions et de faire circuler la couleur d’une partie du paysage à une autre sans provoquer de rupture trop nette.

Les rouges et les rouilles

Avec les rouges, les terres cuites et les rouilles, la palette gagne en profondeur.

J’ai réuni ici aussi bien des fils unis que des fils nuancés ou dégradés. Ces derniers sont particulièrement intéressants dans ce type d’ouvrage : leurs variations de couleur apportent naturellement de petites irrégularités et évitent un rendu trop sage ou trop uniforme.

Ces tons plus soutenus viennent ponctuer les ocres et les oranges et donnent du caractère à certaines parties du paysage.

Les marrons

Les bruns constituent une autre famille indispensable.

Du brun très sombre aux tonalités plus chaudes et cuivrées, ils permettent d’introduire les ombres, de structurer certains éléments et d’apporter du contraste aux couleurs lumineuses qui dominent l’ensemble.

Quelques nuances suffisent ici aussi. Ce qui compte est surtout de disposer d’un brun suffisamment foncé pour créer de la profondeur et d’un ou deux tons plus chauds capables de se fondre naturellement dans les ocres et les rouilles.

Quelques couleurs pour créer la surprise

À côté de cette grande palette chaude, j’ai volontairement introduit quelques couleurs beaucoup moins présentes : des roses, des violets, des tons gris bleutés ainsi qu’un peu de vert.

Elles sont peu nombreuses, mais leur rôle est important.

Utilisées par petites touches, elles viennent rompre momentanément l’harmonie des ocres et des terres et donnent au paysage davantage de richesse. Elles attirent discrètement le regard sur certains détails sans jamais prendre le dessus sur la palette principale.

C’est précisément parce qu’elles sont utilisées avec parcimonie qu’elles deviennent intéressantes.

Les fils des bordures et des arbres

Certains éléments demandent des tonalités plus neutres et plus profondes.

Pour les bordures et les arbres, j’ai notamment retenu des fils dans des nuances de brun grisé et de vert sourd. Ils permettent de structurer le paysage tout en restant suffisamment discrets pour ne pas rompre son harmonie générale.

Là encore, inutile de rechercher exactement les mêmes couleurs : un brun légèrement verdâtre, un kaki doux ou un vert olive assourdi pourront parfaitement remplir la même fonction.

Une palette particulière pour les petits carrés décoratifs

J’ai enfin constitué une petite sélection à part pour les carrés décoratifs qui apparaissent dans certaines parties peintes du fond.

Ici, le choix devient encore plus libre.

J’ai utilisé des fils de soie dans plusieurs nuances lumineuses d’or, de jaune, d’orange et de tons très pâles. Leur légère brillance permet à ces petits motifs d’accrocher la lumière et de se détacher discrètement de la surface peinte.

Ces carrés ne cherchent pas à représenter un élément réel du paysage. Ils appartiennent pleinement à sa dimension décorative et nous permettent donc de nous éloigner encore davantage d’une interprétation réaliste des couleurs.

Votre palette sera peut-être différente de la mienne

Les photographies qui accompagnent cet article doivent donc être considérées comme des indications et non comme un modèle à reproduire.

Votre jaune pourra être un peu plus doré, votre rouille plus rouge, votre brun plus sombre. Vous aurez peut-être dans vos réserves un magnifique fil dégradé que je ne possède pas et qui trouvera naturellement sa place dans votre paysage.

N’hésitez pas à l’utiliser.

Car si nous partons toutes du même dessin et de la même gamme générale de couleurs, L’Or des collines doit aussi pouvoir devenir un peu le vôtre.

La semaine prochaine, nous commencerons à mettre concrètement en pratique tout ce que nous avons vu jusqu’ici. Nous aborderons une première partie du paysage et verrons comment la couleur déposée sur le tissu et les fils choisis dans notre palette commencent véritablement à travailler ensemble.

C’est à ce moment-là que notre paysage prendra peu à peu toute sa profondeur.